Margot, une comédienne qui ne regrette rien :-)

Voilà un parcours atypique qui montre qu’à tout moment on peut trouver sa voie,  même après quelques  tentatives infructueuses et galères. Voilà donc l’exemple de Margot  qui est venue présenter son parcours de comédienne aux lycéen.ne.s de Brocéliande. Margot  a obtenu son bac ES en 2009. Elle avait pris option théâtre au lycée “pour se faire du bien”. Et comme sa famille n’appartenait pas au monde du spectacle, elle n’avait jamais envisagé que le théâtre puisse être autre chose qu’un moment de la semaine où “on se fait du bien”. Ainsi, elle n’avait jamais imaginé que l’on puisse “en vivre”.

Un début post-bac dans les galères

L’après bac avait mal débuté pour Margot. Inscrite à la fac de Sociologie, elle a vite compris que ça ne lui correspondait pas du tout. Ce choix avait été fait par hasard, sans vraie construction d’un projet de formation, sans trop savoir ce qu’on pouvait attendre d’elle et si cela lui conviendrait. Alors voilà, après deux mois Margot se trouve à ne pas savoir quoi faire. J’étais “un peu paumée…”.

Une rencontre qui va tout changer

Il faut croire aussi au hasard des rencontres quand on se cherche. C’est ce qui est arrivé à Margot. Après une mauvaise passe d’une année qui l’a conduite à se dire qu’il fallait vraiment trouver une solution pour sortir de ce mauvais pas, on lui a parlé du “Théâtre du Jour”. Qu’est-ce que le “Théâtre du Jour” ? C’est le Théâtre École d’Aquitaine fondé par Pierre Debauche à Agen (47) en 1994. Cette école, c’est “une école qui apprend à rêver”. Idéal pour Margot : on n’engage pas dans l’école des comédiens, on fait de toi un comédien !

Ainsi, le recrutement se fait sur la base du savoir être et non du savoir faire. Ce savoir faire, ce savoir du jeu et du métier de comédien, on l’apprend vite dans cette école car les cours sont intenses et exigeants. Il n’y a pas de vacances, pas de répit, on joue sans cesse, on se consacre pleinement au théâtre. Passer sa vie à jouer, c’est ce qui a plu à Margot, elle a trouvé sa voie. Au bout de trois mois, on monte sur les planches, au Théâtre du Jour. On apprend à tout savoir faire, au Théâtre du Jour : costumes, décors, lumières, régie, on n’est pas seulement comédien, on doit savoir se débrouiller. Ainsi, comme l’a dit Margot, pendant trois années d’école on se coupe complètement de la réalité extérieure, on n’est que dans le jeu, on passe des cours aux répétitions et représentations du soir. Alors, on a intérêt à savoir pourquoi on vient au Théâtre École d’Aquitaine. Car, dans ce théâtre, on ne sélectionne pas des gens parce qu’ils sont déjà des comédiens mais parce “qu’ils ont quelque chose à faire là...”

 

 

 

 

 

 

Dans la pièce “La princesse ensommeillée”.

Après l’école, une réalité violente…

Par contre, pour Margot, quand on sort de l’école, “c’est violent”. Les élèves qui se sont voué.e.s au théâtre 24h sur 24 pendant trois ans découvrent la réalité, difficile, du métier. En effet, si quelques uns trouvent rapidement une compagnie, créent quelque chose ou jouent vite, pour la plupart, il faut du temps : le temps de se constituer des réseaux. De construire son projet. Margot est entrée à l’école à 20 ans, elle en est sortie à 23 ans, elle se sentait bien trop jeune pour se lancer dans la création d’une Compagnie. Elle voulait jouer d’abord.

Un début dans toutes les petites expériences possibles

Margot commence d’abord avec une expérience de trois mois au Burkina-Faso à Ouagadougou. Elle y devient bénévole médiatrice culturelle pour le festival “Rendez-vous chez nous”. A son retour, elle passe par des moments d’incertitude. Le théâtre est un “petit monde” : on entre dans les compagnies, on obtient des rôles grâce aux réseaux qu’on se constitue. Pour les élèves qui sortent des Grandes Écoles, c’est un peu plus facile car les théâtres reçoivent des subventions quand ils les engagent.

Pour commencer, Margot joue plusieurs fois un spectacle pour enfants qu’elle avait créé avec son groupe à l’école et qui marchait bien. Mais ses débuts sont quand même dans des galères. Elle s’essaye alors au cinéma. Elle fait quelques tournages comme “silhouette”. C’est une belle expérience, notamment quand elle a eu l’occasion de travailler avec Bertrand Mandico. Elle apprécie ses recherches esthétiques, ses choix de plans, de lumière, ses références au cinéma des années 80. Mais malgré ces quelques riches rencontres, le monde du cinéma reste un mystère pour elle, lui préférant de loin le théâtre.

La création de sa compagnie, “le Ventre”

Alors finalement, Margot monte sa propre compagnie, “Le Ventre”.

 

Et en ce moment elle tourne, depuis le mois de février 2019, avec un spectacle de masques, “Rien n’aboutit jamais, sauf à rien”.

Cliquez ici pour voir la troupe du spectacle “Rien n’aboutit jamais, sauf rien.”

Mais, monter sa propre compagnie, ça conduit à une autre réalité, aussi : beaucoup de paperasseries pour beaucoup de demandes de subventions. C’est aussi que Margot a le  projet d’un théâtre  itinérant. Elle veut offrir aux petites communautés qui n’ont pas leur salle de spectacles de pouvoir accueillir son théâtre. Elle travaille beaucoup en ce moment sur ce projet, avec un groupe d’artistes pris dans son même rêve… Sur les décors, notamment, elle veut un univers esthétique très fort qui crée du rêve. En un mot, Margot ne tarit pas d’idées et se donne les moyens de les rendre réalisables. D’ailleurs, elle ne veut pas s’enfermer dans un genre. Alors, si son dernier spectacle est du burlesque masqué, pourquoi ne pas faire la prochaine fois de la tragédie, au gré des rencontres, des occasions, des envies ? Il s’agit de ne jamais s’enfermer dans des catégories et faire de tout. Du moment que ça procure du plaisir.

Et des conseils pour ceux qui veulent aussi se lancer dans le métier

Si des vocations se forment dès le lycée, il faut se renseigner sur les écoles et ne pas hésiter à passer tous les concours et les auditions possibles. Il ne faut pas s’arrêter à la première déception car on peut être refusé dans une école particulière mais reçu à une autre. Par exemple, l’école du cinéma la FEMIS est un concours très difficile à passer, mais “ça se tente” ! Ce qu’il faut, c’est ne pas se laisser décourager, recommencer plusieurs fois si nécessaire.

Et peut-on en vivre ?

La réponse est Oui. Margot a bien l’intention de le prouver. L’intérêt d’être sortie du Théâtre du Jour, c’est qu’elle a touché à tout. Elle sait faire son propre décor, ses costumes. Margot est autonome ce qui lui permet de se débrouiller… D’ailleurs, les masques de son dernier spectacle, c’est elle et Edith Lizion qui les a conçus. Par contre, soyons réaliste. On en vit, certes, mais on est au SMIC… Margot, ça lui convient parfaitement parce qu’elle n’a jamais été matérialiste et, il faut le dire, elle préfère avoir un métier qu’elle aime qu’un métier alimentaire qui ne la rendrait pas heureuse. Et puis, pour combler les fins de mois difficiles, Margot a récemment trouvé un travail d’aide à domicile pour les personnes âgées. Ses horaires sont flexibles et lui laissent la possibilité de faire ses tournées pour le théâtre et elle est contente d’aider des gens qui sont en difficulté.

Pas de regrets donc !!!

Si vous voulez la voir en tournée dans la région : début mai 2020 à La Gacilly dans la pièce “Rien n’aboutit jamais, sauf à rien”.

Et pour plus d’infos sur le Théâtre du Jour : http://www.theatredujour.com/formation-2/

Et aussi pour en savoir plus sur l’Académie Supérieure du Théâtre d’Angers, ASTA : https://www.asta-angers.fr/

Merci BEAUCOUP Margot pour être revenue dans ton ancien lycée partager avec nous sur tes expériences : on a adoré ! 😉

Joanne

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